" Bien que les castes, telles qu'elles sont établies dans l'Inde, n'existent point au Thibet, certaines classes de gens : les forgerons, les bouchers et surtout les vagabonds, mendiants de profession, sont plus ou moins considérés comme impurs. Quant aux autres voyageurs, ils peuvent, croient les thibétains, s'être trouvés en contact avec des gens ou des objets impurs et avoir, de ce fait, contracté une souillure, ou bien encore être accompagnés de mauvais esprits "
(...)
" Ses mains ressemblent à celle d'un philling (étrangère). Avait-elle jamais vu des gens de race blanche ? C'était douteux, à moins qu'elle n'ait été à Bathang ou ailleurs dans le Thibet chinois, ou bien à Gyantzé dans l'extrême sud du pays. Mais les thibétains ont des idées fortement arrêtées en ce qui concerne le canon des traits et des particularités des occidentaux. Ceux-ci doivent être de haute stature, avoir des cheveux blonds, la peau claire, les joues roses et les " yeux bleus ", dénomination qui s'applique indistinctement à toutes les nuances d'iris qui ne sont point noir ou brun foncé. " Mig Kar " (yeux blancs) est une expression courante à tendance injurieuse désignant les étrangers. Rien de plus horrible au point de vue de l'esthétique des thibétains, que des yeux bleus ou gris et ce qu'ils appellent des " cheveux gris ", c'est à dire des cheveux blonds. "

(" Voyage d'une parisienne à Lhasa " de Alexandra David-Néel, éditions librairie Plon - 1927)