" (Dans les années 40) chaque maison abrite 50 à 60 frères qui vivent dans des cellules individuelles ; à chaque étage, on trouve une cuisine où les habitants des chambres voisines viennent chercher leur repas. Les plaisirs de la table sont les seuls auxquels puissent prétendre un moine tibétain. Il ne possède rien en propre sinon sa lampe à beurre et une amulette ou une peinture sur soie d'inspiration religieuse ; sa cellule a un grabat pour tout mobilier. Le moine doit obéir en toutes circonstances, aveuglément et sur le champ. Entré tout jeune au couvent, il revêt la robe violette qu'il ne quittera plues sa vie durant. Au début, il sert son " gourou ", et se livre aux besognes les plus humbles ; puis si il se montre assidu et intelligent, on lui apprend à lire et à écrire. Ensuite, il commence ses études de théologie et subit une série d'examens. Les privilégiés qui parviennent à " percer " sont rares et la plupart restent toute leur vie frères convers. Après 40 ans d'études, les sujets d'élite parviennent aux épreuves finales ; ceux-là seuls occuperont de hautes fonctions dans l'Eglise lamaïste. Les grands monastères, tels que Drebung et Sera, sont donc des écoles de théologie, les pépinières de l'administration ecclésiastique. "
(" 7 ans au Tibet " de Heinrich Harrer, édition Arthaud - écrit en 1952, traduit en français en 1983)