" Lorsque la Chine envahit le Tibet, cela faisait plus de mille ans que la religion bouddhiste régissait la vie des tibétains. Il y avait alors près de 6000 monastères (ou lamaseries). Certains se trouvaient près de petits villages et d'autres - tels Sera, Ganden et Drepung, près de Lhasa - étaient si grands qu'ils formaient de petites villes à eux seuls. Le plus grand monastère abritait environ 10 000 moines de tous âges, dont des enfants. Le peuple, fort ignorant, envoyait volontiers ses enfants dans les monastères. Avant l'occupation chinoise, un tibétain sur quatre était moine ! Les femmes pouvaient être religieuses, mais il y en avait très peu. Les monastères étaient des centres de culture où l'on apprenait la religion, l'art, l'architecture, la médecine et la littérature. Certains renfermaient depuis des siècles, des livres et des œuvres d'art d'une valeur inestimable, et des études poussées y étaient réalisées. Certains moines y étudiaient pendant 20 ans avant de passer les plus hauts examens. "
("Les peuples menacés : les tibétains" de Judith Kendra et Jean-François Viseur ; aux éditions Gamma et Ecole Active - 1995)