" Ce gigantesque édifice occupe l'un des sommets d'une petite chaîne surgissant, curieusement isolée, au milieu même de la vallée. Mieux qu'aucune description, une image peut en donner une idée ; cependant, la meilleure des photographies est impuissante à rendre son apparence imposante tel qu'il se dresse sur sa montagne : piédestal de massives bâtisses élevant dans les airs un palais rouge coiffé de toits d'or. Avec les richesses contenues dans cette agglomération de bâtiments, s'étageant sans ordre sur le versant du Potala, il eut été possible de construire un palais féerique, mais les architectes thibétains n'ont jamais été des artistes. Maniés par eux, les plus précieux matériaux ne peuvent qu'exprimer l'opulence ou le pouvoir, ils n'atteignent pas la beauté. Toutefois, ce traitement barbare de l'argent, de l'or et des gemmes donne un cachet spécial aux palais et aux temples du Thibet, il les appareille aux sites âpres où ils s'élèvent et, de cette harmonie, naît une impression forte. "
(" Voyage d'une parisienne à Lhasa " de Alexandra David-Néel, éditions librairie Plon - 1927)