" Le Potala, le plus monumental des édifices tibétains, s'admire bien mieux de l'extérieur. (…) Cet édifice massif incarne le summum de l'architecture tibétaine du XVIIème siècle ; aucun bâtiment, antérieur ou postérieur, ne l'égale. (…) Huit Dalaï Lama sont inhumés dans le Potala. (…) Le Potala n'eut jamais à subir de sévères dommages. Contrairement à la plupart des monastères tibétains, il ne fut pas saccagé par les gardes rouges des années 1960 et 1970. (…) Le Potala, le plus complexe de tous les monuments tibétains jamais construit, était destiné à assumer des fonctions aussi nombreuses que variées. Tout d'abord, il était la résidence du Dalaï Lama et de son vaste entourage, mais aussi le lieu où devaient se tenir toutes les grandes cérémonies d'état. Egalement siège du gouvernement tibétain, il servit en outre de forteresse durant les époques tumultueuses qui précédèrent le milieu du XVIIIème siècle. Toutes les décisions politiques et administratives concernant le pays émanèrent de ce lieu. De plus, et dans la mesure où les Dalaï Lama étaient considérés comme des incarnations de Chenresi, le bodhisattva de compassion, le Potala devint une destination majeure pour les pèlerins. Richesses, représentations sacrées, tombeaux spectaculaires des Dalaï Lama eux-mêmes : tout ceci contribua à l'extraordinaire prestige du Potala. Enfin, le stupéfiant espace intérieur de 130 000 m2 abritait le monastère personnel du Dalaï Lama, une école pour les fonctionnaires religieux, de nombreuses chapelles, de grands halls, des réserves, des cellules, des garde-manger et des trésors. "

(" Tibet , guide du pèlerin ", de Victor Chan, éditions Olizane - 1999)