Mal Aigu des Montagnes

L'essentiel du plateau Tibétain est à plus de 3300 m d'altitude avec quantité de cols à plus de 5000 m. La redescente, qui est le principal traitement des problèmes inhérents à l'altitude peut se révéler problématique, les points les plus bas étant souvent éloignés et difficiles d'accès. La plupart des visiteurs atteindront des altitudes élevées, soit par avion depuis Chengdu, soit par voiture depuis le Népal. Tous ces facteurs se conjuguent pour rendre cruciales les questions liées à l'altitude.

Les symptômes

La forme la plus douce de mal des montagnes a été baptisée : " MAM : Mal Aigu des Montagnes " ou " AMS, Acute Mountain Sickness ". Les céphalalgies, les nausées et la lassitude en sont les symptômes courants, bien que d'autres signes puissent également résulter d'un AMS bénin. Parmi eux, citons les diarrhées, la somnolence, une respiration courte, des symptômes grippaux, et une sensation générale de malaise. Le taux de l'ascension et l'altitude déterminent la sévérité de ces symptômes, lesquels peuvent être des signes avant-coureurs de problèmes plus graves.

La deuxième forme de mal des montagnes est l'œdème pulmonaire de haute altitude (ou " HAPE : High Altitude Pulmonary Edema ". Lorsque le processus d'acclimatation corporelle ne fonctionne plus, les fluides commencent à s'accumuler dans les poumons provoquant une difficulté à absorber l'oxygène. L'œdème pulmonaire, qui peut être grave, voire fatal, est difficile à traiter. Les symptômes classiques sont une respiration courte, particulièrement lorsque le sujet est au repos, suivie de l'expectoration de crachats spumeux roses. Cet état dangereux, pouvant s'aggraver rapidement, un traitement d'urgence s'impose.

La troisième forme de mal des montagnes, est l'œdème cérébral de haute altitude (ou " HACE : High Altitude Cerebral Edema). Comme dans le cas des poumons, l'altitude va provoquer un gonflement cérébral qui pourra se développer de manière telle que le sujet présentera des symptômes neurologiques comme des céphalalgies (maux de tête) et une ataxie ou perte d'équilibre. La céphalalgie est difficile à évaluer car elle est un symptôme courant de l'AMS le plus bénin. Cependant , les céphalées associées à des vomissements ou les céphalées persistantes en dépit de repos à une altitude constante, sont inquiétantes : l'œdème cérébral est alors une éventualité réelle. L'ataxie est aisément diagnosticable en faisant marcher le sujet en ligne droite, un pied devant l'autre. Les signes classiques d'œdèmes cérébral ou pulmonaire sont évidents mais leur manifestation est généralement plus subtile.

Médications

Les symptômes du mal des montagnes bénins peuvent être soulagés par des médications. La plus couramment employée est l'acétazolamide (Diamox) qui aide à prévenir les céphalalgies et les malaises. Le Diamox aide également à éviter les désagréables perturbations du sommeil que l'on peut rencontrer en altitude. Les autres médications sont à prendre avec précaution car on ne sait encore que peu de choses sur leurs effets en altitude. Cela vaut en particulier pour les médicaments qui diminuent la respiration comme les puissants anti-douleur ou les tranquillisants (codéine, diazépame). Ces produits, qui peuvent contribuer au développement de maladies d'altitude plus sérieuses sont à éviter. En cas de mal des montagnes sérieux, la redescente demeure le meilleur traitement connu et considérer le traitement médical comme un substitut est totalement irrationnel.

 

Précautions à prendre
Deux autres points sont encore à mentionner. Primo, la prise d'eau est cruciale en altitude. Bien que les manifestations graves du mal des montagne implique un excès de fluide, cet excès résulte d'un fluide mal placé et non d'un véritable trop-plein. L'air en haute altitude est sec et la perte de fluide est importante, même sans transpiration. Secundo, l'idée selon laquelle être en bonne santé évite le mal des montagnes n'est pas prouvée par l'expérience. D'aucuns diraient même qu'être patraque est souhaitable car, en atteignant une altitude supérieure, un sujet mal en point est moins à même d'exercer une activité et peut donc se reposer et s'acclimater. Une personne bien dans sa peau voudra probablement faire de l'exercice après un long vol, exercice qui sera des plus téméraires au-dessus de 3000 m .

(" Tibet , guide du pèlerin ", de Victor Chan, éditions Olizane - 1999)