L'armée chinoise considérait qu'elle " libérait " les paysans tibétains de leur passé " suranné " et " modernisait " le pays au bénéfice de tous. Néanmoins, les tibétains voyaient leur pays bel et bien envahi de force, et ils étaient contraints de vivre comme des citoyens de seconde classe sur leurs terres. Pourtant, il est indéniable que les chinois ont réalisé des améliorations : ils ont construit des routes, fait naître des industries, modernisé l'agriculture, et ouvert des hôpitaux et des écoles. Mais, au fil des ans, il est vite apparu que ces améliorations ne profitaient qu'aux chinois et à quelques responsables tibétains au lieu d'aider les gens du peuple. Ainsi, les routes furent tracées à des fins militaires et pour faciliter l'abattage des arbres ; les industries n'employaient pour leur part que des ouvriers chinois. D'ailleurs, la plupart des tibétains sont aujourd'hui plus mal lotis qu'avant l'invasion des " libérateurs ".

("Les peuples menacés : les tibétains" de Judith Kendra et Jean-François Viseur ; aux éditions Gamma et Ecole Active - 1995)