" Le danger de l'explosion démographique, qui annihile les progrès économiques, ne paraît intéresser personne en dehors du petit cercle des démographes. Les élites indiennes, qui souffrent relativement peu du surpeuplement persistent dans le sentiment de sécurité que leur donne leur apparente stabilité sociale. C'est pourquoi les débats politiques tournent à contresens. En 1977, Indira Gandhi perdit les élections et fut écartée du pouvoir jusqu'en 1980 au profit du parti Janata, une coalition conservatrice, qui ne fit que gérer le pays sans tenter une nouvelle politique de la population. Or cet échec d'Indira Gandhi eut des conséquences très graves, car il était dû en partie à la réaction populaire contre la politique anti-nataliste de Sanjay, le fils cadet d'Indira. La réaction populaire fut telle qu'aucun gouvernement depuis lors n'osa formuler une politique cohérente de maîtrise démographique. La conséquence la plus évidente de la croissance démographique est l'afflux d'une population sans ressources vers les agglomérations urbaines, où l'on voit s'étendre continuellement les zones de bidonvilles (" slums "). Aujourd'hui, Delhi compterait 1,2 million de cette population. A l'échelle de l'Inde entière, plus de 50 millions de déshérités vivent ainsi. "

(Jacques Dupuis, " L'Inde, une introduction à la connaissance du monde indien " éditions Kailash, civilisations et sociétés - 1997)