Parole rapportée de Sonam Tsespal

Entre école privée et école publique

" Il faut commencer par expliquer le système scolaire ici, au Ladakh. La plupart des écoles sont privées avec une influence religieuse : bouddhiste, musulmane ou chrétienne. Les enseignants y sont réputés meilleurs que dans les écoles gouvernementales… Même si ce n'est pas prouvé, les parents préfèrent donner tout leur argent pour payer une bonne école à leurs enfants. C'est pour cette raison que, dans les écoles gouvernementales, il y a souvent une majorité d'enfants pauvres ; mais ce qu'ils apprennent n'est pas forcément d'un niveau moins élevé. Les écoles privées sont mixtes et les écoles gouvernementales séparent les filles et les garçons. Tous portent l'uniforme de leur école, c'est à cela que l'on distingue leur appartenance à tel ou tel groupe, voire telle ou telle religion.
Les enfants peuvent donc aller à l'école de 6 à 18 ans. Le plus gros problème vient après, lorsqu'il faut apprendre un métier. Toutes les écoles, tous les instituts sont privés et très chers. Le Ladakh est un peu une terre oubliée dans ce domaine pour le gouvernement indien. Les gens sont pauvres et ont peu d'influence sur les décisions politiques. Ainsi, toutes les écoles destinées à apprendre un métier sont situées au Cachemire ou au Jammu (pour les plus près), c'est-à-dire dans deux régions séparées du Ladakh par des montagnes immenses. Lorsqu'un étudiant part là-bas, c'est pour plusieurs mois. Il doit alors payer son billet d'avion, l'hôtel, la nourriture et l'école qui est très chère. C'est une chose quasi impossible pour la population ici. La plupart quitte donc l'école sans qualification. "

Sonam Tsespal