La caste " supérieure " des touristes
Il fait très chaud ce jour-là à Katmandou et nous nous
asseyons en haut d'un temple, à l'ombre du toit. Là, un homme
vient nous adresser la parole. Nous avons du mal à savoir s'il est fou
ou drogué. Peut-être un peu les deux. Son anglais est à
peine compréhensible mais il veut parler, alors nous l'écoutons.
Comme un ivrogne, il vide son sac et arrive à nous faire part de son
mal d'être par rapport à la pauvreté et à la vie
certainement difficile à Katmandou. Il dit qu'il hait les guides qui
se baladent sur la place pour proposer leurs services à prix d'or aux
touristes. Ce n'est pas une façon honnête de gagner de l'argent
et c'est encourager un business d'escroquerie que, vraisemblablement, il n'aime
pas.
Je crois qu'ils n'aiment pas non plus l'affluence des touristes et de toute
leur richesse démesurément grande dans un pays qui manque cruellement
d'argent.
A un moment, il nous demande si nous nous sentons " supérieurs "
et je crois qu'à travers lui, l'inconscient collectif a parlé.
Il y a un sentiment d'infériorité des népalais vis-à-vis
des touristes, provoqué par le pouvoir de leur argent et leur comportement
sans-gêne qui consiste à mitrailler de photos de simples gens dans
leur vie quotidienne et à se promener parfois dans des costumes indécents,
sans respect des traditions locales.