Fuir le Tibet aujourd'hui
Un jeune garçon nous raconte sa fuite récente du Tibet.
Il est sorti par la " barrière " de l'Everest, par la route
de " Milarepa " qui présente un passage franchissable au col.
Ces voies sont rares. Il y a celle-ci et celle qui franchit le Nangpa-la, un
col réputé très dangereux pour ses vents qui gèlent
les poumons et qui tuent à chaque fois qu'ils soufflent. Il y a aussi
la frontière officielle à Zangmu, avec ses variantes
Il
y aurait aussi un passage par l'est du Tibet vers l'Inde mais il s'agit d'une
zone militaire très protégée des deux côtés
de la frontière, et un autre à l'ouest, vers le Ladakh, par où
sont passés les premiers exilés.
Le jeune homme (25 ans) nous raconte son périple de 1 mois avec des moines.
Il sont partis en hiver parce que c'est plus facile de traverser les rivières
quand elles sont gelées. Et puis ils ont marché la nuit pour ne
pas être vus et parce qu'il fait trop froid la nuit pour dormir (-30°C,
voire moins). Ils ont traversé des vallées avec de la neige jusqu'à
la taille. Au col heureusement, le vent violent l'avait balayée
Même pour un tibétain habitué à des conditions climatiques
très rudes, ce ne fut pas facile du tout.
Il a laissé toute sa famille dans sa région de l'Amdo, au nord-est
du Tibet, à la limite de ce qui est défini aujourd'hui par les
chinois comme " la région autonome du Tibet ". Il ne reverra
sans doute jamais les siens mais il a l'air d'avoir fait son choix et de vouloir
oublier. En venant au Ladakh, il a gagné sa liberté et un travail
sans perdre la magie du paysage himalayen. Cela semble être plus fort
que tout, plus fort que l'amour d'une famille dans la persécution.