Interview de Sonam Tsespal

L'attrait de l'occident

" Ce n'est pas une question d'éducation. Certaines personnes qui ont de l'éducation suivent et préservent leur culture, d'autres la détruisent. Il en est de même pour les personnes n'ayant pas d'éducation. Certains s'y attachent et d'autres s'en éloignent. L'éducation devrait être accessible à tous mais ça n'empêche pas que tout le monde devrait préserver sa culture. Aujourd'hui, la plupart des ladakhis sont très attirés par le mode de vie européen mais ils savent que derrière se cachent de nombreux problèmes.
Ils savent que tout n'est pas rose en occident mais malgré tout ils restent attirés par l'envie d'avoir une voiture, à air climatisé, un réfrigérateur, une télé...

Personnellement, je n'en ai pas et je n'en veux pas car je n'aime pas regarder la télé et toutes ces choses.

Simplement par faiblesse, les ladakhis changent d'avis dès qu'ils rencontrent quelqu'un qui les y encourage. Ils sont trop polis, trop peu sûr d'eux pour résister à l'influence des touristes, qui les incitent à les imiter. Les plus jeunes notamment vivent de plus en plus à la manière européenne et occidentale, une vie de luxe. Mais ils en connaissent les désagréments.

Personnellement, je ne suis pas du même avis que la plupart de mes amis et des gens ici. Ils aiment vraiment ce mode de vie, pas moi et c'est pourquoi on en parle beaucoup.
Je devrais donc m'arrêter au juste milieu, parce qu'en tant que bouddhiste, je dois suivre la voie de la modération. Je n'ai pas envie de partir loin d'ici. Ici c'est la terre de ma mère, il y a mes collègues et mes amis. C'est mon peuple et mon pays. "


Sonam Tsespal